La Renard

Le Renard

INFORMATIONS

FRANCE 🇫🇷

Longueur hors-tout      : 30 m

Maître-bau                     : 6,6 m

Tirant d’eau                    : 2,8 m

Voilure                            : 280 m²

Année de lancement    : 1991

Armateur                        : Cotre Corsaire / Etoile Marine Croisières

Port d’attache                : Saint-Malo

Présences Armada       : 1999, 2003, 2019, 2023

Histoire

Il y a des noms qui sentent la poudre et le large. Le Renard en fait partie. Derrière ce petit cotre à hunier de Saint-Malo se cache l’une des plus belles histoires de la marine corsaire française — et l’un de ses derniers chapitres.

Tout commence avec Robert Surcouf, né à Saint-Malo en 1773 dans une famille d’armateurs. Corsaire de légende, mousse à quinze ans, capitaine à vingt, il sème la terreur dans les eaux de l’océan Indien sous le pavillon de Napoléon avant de rentrer à Saint-Malo à 28 ans, couvert de gloire, et de se reconvertir en armateur. Mais l’appel de la mer ne le quitte jamais tout à fait. En 1812, retraité de la course mais pas du risque, il fait construire pour lui-même un cotre de 70 tonneaux, rapide, maniable, taillé pour la fuite autant que pour l’attaque. Il le nomme Le Renard. Un nom de prédateur discret — celui qui ne court pas, mais qui surgit.

Le 9 septembre 1813, sous le commandement du capitaine Leroux-Desrochettes, Le Renard livre un combat resté dans les mémoires : confronté à la goélette anglaise Alphea, deux fois plus puissante et mieux armée, l’équipage malouin engage le fer et l’emporte après plusieurs heures d’un affrontement acharné. Le capitaine y perd un bras, dont il mourra peu après. Ce combat est le dernier duel naval corsaire livré le long des côtes françaises. Surcouf, lui, s’éteint dans son lit à Saint-Malo en 1827 — l’un des premiers décorés de la Légion d’honneur.

La réplique naît en 1988, quand l’Association du Cotre Corsaire de Saint-Malo décide de faire revivre ce symbole. La construction débute en mai 1989 au chantier Labbé du quai Vauban, institution maloaise qui a sorti plus de 250 bateaux en cinquante ans. La coque en chêne nécessite 90 mètres cubes de bois, les espars sont taillés dans le pin massif. Le Renard est mis à l’eau le 18 mai 1991, au pied des remparts, et fait ses premières voiles lors de Brest 92. Il embarque depuis des scolaires, des groupes, des curieux — et 10 caronades en fonte d’aluminium pour que l’illusion du corsaire soit complète.

En avril 2022, un échouage sur la Roche aux Anglais au large du Grand Bé — le rocher immortalisé par Chateaubriand — endommage sérieusement le navire. Une blessure symbolique pour un bateau qui porte en lui toute l’histoire maritime de Saint-Malo.