Mutin

Mutin

INFORMATIONS

FRANCE 🇫🇷

Longueur hors-tout      : 33 m

Maître-bau                     : 6,35 m

Tirant d’eau                    : 3,4 m

Voilure                            : 312 m²

Année de lancement    : 1927

Armateur                        : Marine nationale

Port d’attache                : Brest

Présences Armada       : 2013, 2019, 2023

Histoire

Il y a des navires que l’on destine à la formation, et qui finissent par écrire l’Histoire. Le Mutin est de ceux-là. Né en 1927 dans les chantiers Florimond-Guignardeau des Sables-d’Olonne, ce dundée à la silhouette de thonier est conçu sur le modèle des voiliers de pêche vendéens. Son nom — le Mutin — prête à sourire pour un bâtiment militaire, lui dont l’équipage est censé obéir à la devise « honneur et discipline ». Mais ce caractère bien trempé lui ira finalement comme un gant.

De 1927 à 1939, il sert à la formation des pilotes de la Flotte à Saint-Servan, près de Saint-Malo. Puis vient la guerre. Dans la nuit du 18 au 19 juin 1940, alors que l’aviation allemande bombarde l’École navale à Brest, le Mutin prend le large en urgence vers Ouessant, puis Plymouth. C’est là qu’un officier du Special Operations Executive (SOE), le service secret britannique, le repère et le réquisitionne pour des missions clandestines.

Déguisé en thonier breton, équipé d’un canon anti-aérien récupéré sur un Messerschmitt abattu — et même de faux thons en plastique explosif fabriqués par le Muséum de Londres —, le Mutin infiltre les flottilles de pêche des côtes normandes et atlantiques. À partir de 1942, il descend en Méditerranée, mène des missions jusqu’en Adriatique, et sert de base de repli aux agents britanniques opérant en Italie et en Yougoslavie. Il sera le premier navire allié à entrer dans un port du sud de l’Italie. Mitraillé, il est réparé à Caen et rendu à la Marine française en mars 1945.

Après guerre, il intègre l’École navale à Lanvéoc-Poulmic, puis Brest, où il forme depuis des générations d’officiers et de marins aux manœuvres à la voile, entièrement à la main — sans aucune assistance mécanique. Aujourd’hui doyen incontesté des unités navigantes de la Marine nationale, il participe chaque saison aux grands rassemblements de voiliers traditionnels le long des côtes atlantiques et européennes, fier ambassadeur d’une marine à voile que peu de pays savent encore faire vivre.

⚓Rénové pendant 22 mois entre 2018 et 2020 par le chantier du Guip à Brest (1 million d’euros), avec remplacement de 75 % de son bordage en chêne et d’un tiers de ses membrures.