Santa Maria Manuela
INFORMATIONS
PORTUGAL 
Longueur hors-tout : 67,4 m
Maître-bau : 9,9 m
Tirant d’eau : 4,7 m
Voilure : 1130 m²
Année de lancement : 1937
Armateur : Pascoal & Filhos S.A.
Port d’attache : Aveiro
Présences Armada : 2013, 2019, 2023
Histoire
Il y a des navires que l’on condamne à la ferraille, et qui renaissent malgré tout. Le Santa Maria Manuela est de ceux-là. Construit en seulement 62 jours en 1937 par la Companhia União Fabril (CUF) à Lisbonne, ce quatre-mâts goélette en acier tient son nom de Maria Manuela, l’épouse du premier armateur qui en fit l’acquisition. Dès son lancement, il rejoint la grande flotte morutière portugaise pour rallier les bancs de Terre-Neuve au Canada.
À son bord, 71 hommes dont 54 pêcheurs sur doris — ces petites embarcations plates que l’on mettait à l’eau chaque matin pour mouiller les lignes, et que l’on récupérait au soir chargées de morue. Une vie rude, faite de brouillards, de glaces et de tempêtes atlantiques. À chaque campagne, le navire pouvait ramener plus de 600 tonnes de morue salée et 60 tonnes d’huile de foie. Il pratique cette pêche jusqu’en 1963, puis continue à naviguer pour une autre société d’Aveiro avant d’être déclaré obsolète en 1993.
Son destin semblait scellé. En 1994, une fondation rachète la coque pour tenter de la sauvegarder, mais faute de moyens, la cède en 2007 à la société Pascoal & Filhos S.A. C’est cette dernière qui finance une restauration complète entre 2006 et 2010 — seule la coque d’acier rivée d’origine est conservée, tout le reste est reconstruit. Le navire est inscrit au patrimoine national portugais et transformé en navire-école et en bâtiment de croisière culturelle : astronomie, observation des baleines et des oiseaux, et formation à la voile pour 50 stagiaires dans des cabines climatisées.
Depuis sa renaissance, le Santa Maria Manuela sillonne les ports européens et les grands rassemblements de voiliers traditionnels : Saint-Malo, Brest, Bordeaux, Toulon, Le Havre. À l’Armada de Rouen, il est l’un des habitués : présent en 2013 et 2019, il répond à nouveau présent en 2023. Dernier survivant de la grande pêche portugaise à voile avec son sister-ship le Creoula, il incarne à lui seul toute une époque révolue de la marine marchande atlantique.
